
Le thème de cette émission, proposé par Guillaume directement sur les ondes avec son enjouement habituel, était celui-ci : "Aujourd'hui, il n'y aura pas de thème". Nous en étions à notre quatrième mise en onde lorsque, vibrant plus indéfectiblement à la joie de diffuser et promouvoir l'art et ses beautés, nous éprouvions le bonheur d'une certitude grandissante, celle de sentir que nos émissions sont écoutées et, pourquoi pas, attendues, ne serait-ce que par des petits groupes ici et là prêtant clandestinement l'oreille. Au soir de la diffusion, Guillaume et moi avons réalisé qu'au fil du geste spontané qui caractérise l'entreprise radiophonique qu'est la Schubertiade des temps modernes, notre but n'est rien d'autre que de creuser un peu plus loin la vie et ses rêves, et ce grâce aux mots et aux musiques qui ne savent plus attendre et qui nous disent, beau temps mauvais temps, qu'il y a encore tant de créations à venir !
Voici une petite anecdote musicale : à l'aube de leur collaboration professionnelle, Elton John et Bernie Taupin planchaient fort pour marier harmonieusement mots et musique, sachant incoerciblement que leurs chansons allaient, un jour ou l'autre, faire parler d'elles. Bien avant les Your song et Candle in the wind, le tandem de songwriters britanniques fut pris d'une joie euphorisante à la création de Skyline Pigeon, une magnifique pièce où tout le génie des deux collaborateurs jaillit comme les pétales d'une fleur à sa première éclosion printanière. Cette chanson, qui fait partie de l'album Empty Sky (l'opus 1 du chanteur), est la première dont John et Taupin furent réellement fiers, et celle qui munit le duo d'une confiance invulnérable pour l'avenir de leur collaboration. Notre quatrième émission de la Schubertiade des temps modernes est pour nous ce que Skyline Pigeon est à Elton John et Bernie Taupin. Pour la première fois, nous proclamions sans ambage : "Nous sommes contents!" Qu'à cela ne tienne, nous savons, plus que jamais, que le travail nous attend encore et encore, processus qui tient au rôle de chacun qui est de s'élever un peu plus (et un peu mieux) afin de s'unir au Monde et ses vertus, ses doutes et ses entailles. Malgré quelques traits soulignés à coup de naïveté insouciante ainsi que quelques petites hésitations d'usage au micro, cette quatrième émission me fait tendrement sourire à chaque audition.
Je vous invite à écouter la première improvisation musicale de cette émission. C'est là un vent de fraîcheur céleste, une ode à la vie - une vie filmique. Forrest Gump est content, il court avec nous, et les révélations de ses pas ont quelque chose de jupitérien, comme l'humaine jovialité.
Cette quatrième émission a été diffusée le 2 juillet 2009 et est disponible en baladodiffusion sur le site www.cibl1015.com
Sur la photo, un pigeon reluquant les banlieues de Londres